Un immense engouement — et même un lynchage — médiatique a tenté de faire démissionner le Cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, après le scandale des révélations d’actions pédophiles de deux prêtres de ce diocèse, onze ans avant son arrivée à la tête du diocèse en 2002.

Vendredi 20 mai, le Cardinal s’est rendu à Rome pour s’entretenir avec le Pape François sur la position qu’il devait adopter, ainsi que sur les actions à mettre en place au sein de l’Église pour lutter contre ce fléau.

Dans un entretien donné au Figaro vendredi, le Cardinal Barbarin revient sur cet entretien avec le Saint-Père :

« Si la justice mettait en lumière un grave manquement dans la conduite de ma mission, une démission serait effectivement une perspective à envisager. Pour l’heure, ce ne serait pas responsable, ce serait même contraire à mon devoir : on ne quitte pas le navire en pleine tempête !

Lors de cet entretien, le Pape François a bien évidemment rappelé sa conviction la plus profonde :

« Il a d’abord pris le temps d’écouter attentivement. Il semblait très informé de la situation. Il m’a redit sa confiance, sa prière et sa conviction intime : il n’y a pas de place dans le ministère pour ceux qui abusent des enfants et ce, de façon imprescriptible. La tolérance zéro trouve son origine dans l’Évangile (Mc 9, 42). Il me conseille d’attendre paisiblement que la justice ait accompli sa mission. Nous avons parlé ensuite d’autres sujets.

Le Cardinal regrette pourtant de ne pas avoir été plus au cœur des choses en ayant fait son « examen de conscience » :

« J’aurais dû aller au-devant, écouter les gens, me renseigner de manière beaucoup plus précise.

Le Cardinal et le Saint-Père, comme énormément de membres de l’Église, sont déterminés à éradiquer ce fléau et cette dérive, qui n’a pas sa place dans le ministère pastoral. « L’Église doit être une maison sûre pour chacun » martèle-t-il dans une interview sur France Info :

« Ce que j’ai senti avec beaucoup de force, c’est cette détermination qui nous est commune : il faut que l’Église soit une maison sûre, il faut vraiment éradiquer ce fléau à l’intérieur de nos communautés.

Il a également déclaré que l’Église ne pouvait pas regarder ces actes avec le même regard que la Justice :

« L’Église ne pouvait considérer la question sous l’angle de la prescription, comme le fait la Justice.

Il s’est aussi publiquement engagé à proposer des solutions efficaces pour contrôler les cas avérés ou soupçonnés, ce que demandait l’association lyonnaise « La Parole libérée » :

« Je m’engage à prendre une obligation de moyens pour que soit regardé attentivement le cas de tous les prêtres concernés de près ou de loin, même pour des faits très anciens, même juridiquement prescrits, et à rendre publiques mes décisions cet été.

Rappelons aussi que le diocèse de Lyon a mis en place dès le début de l’enquête une cellule d’écoute et d’accueil des victimes joignable 24h/24.

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